Rassemblement EHS 2014

 Mise à jour du 5/09/2014
 25 AOUT AU 1 SEPTEMBRE

Site internet :   Rassemblement EHS de Riou Froid
Jeudi 28 Août : journée de réflexion sur la création d'une zone d'accueil d'urgence 

Compte-rendu : Lire


Reportage photos :  Regarder


La Presse en parle :


Collectifs-membres


- Collectif EHS Rhône Alpes (69) :
 collectif.ehs.rhone.alpes@gmail.com 
 Site internet : http://www.cehsra.fr/

Collectif Sud-ouest (24) uneterrepourlesehs-sudouest@laposte.net



Allons voir les députés !

Bonjour à tous,

cette année la députée Laurence Abeille va présenter, à l'Assemblée Nationale,une nouvelle proposition de loi sur les champs électromagnétiques. Lisez-la. C'est une coquille vide ou presque. Néanmoins, aller voir son député reste une action importante à faire avant que cette proposition de loi ne soit débattue le 23 janvier prochain.

En effet, rien ne nous empêche d'informer chaque député et de lui demander d'amender ce PPL sur 3 points :

- Reconnaissance de l'E.H.S
- Création de "zones blanches"
- Abaissement des niveaux d'irradiations pour toute la population


Cette action de sensibilisation reste une priorité. Une graine finira toujours par germer.

Philippe Tribaudeau,
Président de l'association " Une Terre Pour Les E.H.S"

Projet Zone Blanche de Durbon

Nous avons participé, ce mercredi 30 octobre 2013, à une réunion sur le site de Durbon situé dans le département des Hautes-Alpes. Cet endroit a été choisi pour créer la première « zone blanche » expérimentale de France.
Étaient présents Mme Michèle Rivasi députée européenne EELV (pilote du projet), Mme Anne-Marie Hautant vice-présidente en charge de la santé du Conseil Régional de PACA, M Jean-Claude Gast maire de St Julien-en-Beauchêne, le Pr Pierre Le Ruz du CRIIREM et une représentante de la CAF des Bouches-du-Rhône propriétaire des lieux.
Cette rencontre était la première étape concrète du projet avec la campagne de mesures effectuée par le CRIIREM.
Cette journée, nous a permis de nous rendre compte de la complexité d'un tel projet. En effet, pour créer un lieu de vie destiné à l'ensemble des catégories de personnes électrohypersensibles, tout est à repenser.
La prochaine étape sera un test du lieu par un groupe de personnes E.H.S.
Durant ce test, l'électricité sera coupée sur l'ensemble du site. Aussi, en fonction du résultat des mesures, une demande de modification de l'orientation des antennes relais sera faite aux opérateurs de téléphonie mobile.



Différents médias étaient sur place (AFP, France3, Le Dauphiné, Radio Alpes1 et DICItv) :



- France 3 JT (regarder à partir 3ème minute): :http://pluzz.francetv.fr/videos/soir_3_provence_alpes_,91084834.html

- DiCi T.V :

Rapport ANSES 2013

Communiqué de presse du 15 octobre 2013

ANSES: le droit de Tuer. Toujours plus d'électrohypersensibles mais le doute plane encore !

Dans son communiqué de presse du 15 octobre 2013, par deux fois l'ANSES écrit «cette actualisation ne met pas en évidence d'effet sanitaire avéré et ne conduit pas à proposer de nouvelles valeurs limites d'exposition de la population.» Or les limites actuelles de 41V/m et 61V/m sont létales. Par là même, l'ANSES reconnaît aux différents opérateurs le droit d'émettre à des valeurs mortelles.

Tout le rapport est de la même veine. Alors que de partout les cris d'alarme des personnes électrohypersensibles se font entendre, l'ANSES conclut «tout va bien Madame la marquise».
Nous sommes désolés d'être les «empêcheurs de communiquer sans fil» mais pour nous le doute ne plane plus. Les champs électromagnétiques artificiels sont dangereux pour l'ensemble du vivant et les électrohypersensibles sont là pour tirer la sonnette d'alarme. Nier un problème n'est pas la meilleur façon de le résoudre.

La demande de nouvelles études de la part de l'ANSES ne répond pas à l'urgence de la situation.
Au jour d'aujourd'hui, notre association demande à l'Etat d'apporter une réponse adéquate à la détresse des centaines de personnes électrohypersensibles qui survivent cachées dans des grottes, des caves ou des bois, en créant des «zones blanches». Et cela, bien avant que ne soit compris l'intégralité de tous les mécanismes biologiques de l'électrohypersensibilité.



Contact presse, Philippe Tribaudeau : 04.75.21.35.86 – uneterrepourlesehs@gmail.com








Reportage : Antennes Relais, un sujet électrosensible





Du smartphone à la grotte.

 Depuis ces toutes dernières années, sur notre lieu de travail, dans les magasins, notre foyer, dans la rue, où que nous soyons, nous sommes entourés par une dense « brume électromagnétique » invisible mais bien réelle produite par tous les objets nous procurant le confort moderne et nous permettant de communiquer.

 D'ailleurs, la majorité d'entre nous porte constamment sur soi à tous moments sa propre source de Champs ÉlectroMagnétiques (CEM): Le téléphone portable.

 Dans ce contexte sans précédent dans l'histoire de l'humanité, un nombre croissant de personnes reporte des troubles liés à leur exposition aux CEM.

 On parle de sensibilité électromagnétique, d'hypersensibilité électrique ou d'électro hyper sensibilité (EHS).

 Suite au grenelles des ondes (2009) et malgré le fait qu'en 2011 l'OMS classe comme potentiellement cancérigène les champs électrique par radiofréquence, en France, l'electro hyper sensibilité n'est toujours pas reconnue et aucune lois n'existent afin de protéger les populations sensibles.

 Car de nos jours, nous sommes littéralement plongés dans un bain électromagnétique et nous savons désormais que l'exposition à ces ondes n'est pas sans conséquences.

 Alors qu'attend l'état pour appliquer un principe de précaution ? et pourquoi les études scientifiques se contredisent-elles autant ? 
 D'où vient cette inertie ? Des lobbys de la téléphonie mobile qui ne sont pas assez
 transparents ou des autorités publiques trop laxistes ? Finalement cette nouvelle pathologie ne serait-elle pas en grande partie due à l'engouement aveugle qu'ont nos sociétés pour les nouvelles technologies ?


 Réalisation : Floriane Le Maitre et Mathias Barret.
 en Master JRI à l'ESJ Paris. (Entièrement filmé avec 2 Canon 550d)

Rassemblement E.H.S août 2013


Temps de réunion dans un pré de la vallée de Boulc

















       Compte-rendu Rassemblement :



Association « Une terre pour les EHS »
Compte rendu des journées du 26,27,28 août 2013 à Souvestriere, Drôme, France.

Cette rencontre a rassemblé 58 personnes venues de toute la France mais aussi d'Allemagne, d'Espagne et de Norvège. Les EHS présents et leur conjoint ou aidant se sont répartis dans différents gîtes à proximité, ont planté leur tente ou dormi dans leur véhicule équipé. L'occasion pour chacun de constater la diversité des seuils de sensibilité face à l'agression des rayonnements des champs électromagnétiques ambiants, et de la complexité d'adapter les hébergements touristiques à la problématique EHS. Cette rencontre fût aussi l'occasion de tisser de nouveaux liens, de consolider les réseaux informels d'entraide et de tenter de répondre à l'urgence de celles et ceux venus(es) chercher un refuge.


Philippe Tribaudeau, président de l'association « Une terre pour les EHS », est revenu sur les points fondateurs de l'association c'est à dire la stricte application de la résolution 1815 du Conseil de l'Europe du 6 mai 2011 à savoir : « de porter une attention particulière aux personnes électrosensibles atteintes du syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques et de prendre des mesures spéciales pour les protéger, en créant par exemple des « zones blanches » non-couvertes par les réseaux sans fil. »

Justine Arnaud, attachée parlementaire de Michelle Rivasi députée européenne EELV, est venue enregistrer nos attentes et nous faire part des chantiers entrepris au Parlement Européen. Les parlementaires ont invité Innocente Marcolini, pour qui la cour de cassation italienne a reconnu le 12 octobre 2012 un lien entre le développement d'une tumeur cancéreuse et l'utilisation professionnelle de son téléphone portable.
Après nous avoir rappeler la proposition de loi de Laurence Abeille sur les ondes électromagnétiques repoussée sans débat parlementaire en janvier dernier, l'attachée de Michelle Rivasi nous a présenté l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE). Une coordination d'associations devra présenter un million de signatures de 7 pays européens pour obliger la commission européenne à se saisir de la problématique des CEM soit via un débat soit via une proposition de loi.
Concernant le projet de zone refuge et de recherche médicale de Durbon, Justine Arnaud nous a annoncé que l'étude de faisabilité de la suppression des rayonnements des CEM artificiels sur le site étaient en cours. Qu'il faudrait d'ores et déjà se pencher sur la question d'une « gouvernance collective du lieu », et de l'importance d'un rapprochement des différents collectifs pour une meilleure représentation. Ce dernier point est l'une des préoccupations de notre association. En effet, nous avons envoyé des invitations à participer aux différentes associations.

Elisabeth Buil (vice-présidente de l'association « Une Terre Pour Les E.H.S) et Bruno Besson (son époux devenu, lui, sensible aux EHS eux-même) sont venus nous parler de la campagne « Attention Ondes Toxiques » mise en place par EELV et différentes associations qui devrait être lancée dans un avenir proche. Cette campagne consiste à informer et sensibiliser les élus sur la problématique des CEM artificiels.

Serge Sargentini, de Next-up, nous a présenté son ONG. Il nous a fait un résumé du rapport du COPIC.
Extrait édifiant du COPIC qui est on ne peut clair en ce qui concerne la création de « Zones blanches » :
Recommandation 2 : Les éventuelles dispositions adoptées pour l’amélioration de la concertation devraient permettre une certaine uniformisation des pratiques et éviter de favoriser la mise en place de stratégies locales implicites de filtrage des projets reposant sur des valeurs de champs, ou la mise en place de zones d’exclusion d’antennes.

Comme Philippe Tribaudeau, Serge Sargentini insiste sur le fait que face aux lenteurs des politiques, toutes les initiatives d'actions à l'échelle du territoire sont importantes afin de faire avancer la problématique EHS. Il nous a présenté une cage faraday prêtée par l'organisation et l'action EVR, pour la consommation d'une eau de qualité que nous avons partagé pendant ces trois journées.

L'association POEM26 nous a présenté son guide d'information et de prévention à destination des plus jeunes, une plaquette pédagogique sur la dangerosité des rayonnements électromagnétiques est remise dans les lycées lors de conférences (disponible auprès de l'association).
Catherine Neyrand, présidente de l'association et kinésithérapeute a tenu un atelier très apprécié sur « la logique du corps ».

Gilbert Léger, nous a initiés à la physique des ondes et à l'utilisation d'appareils de mesure, appareils trop souvent « bien moins sensibles que les EHS eux-mêmes ».

Marcel Delepine (époux d'une EHS)nous a dressé un tableau assez sombre de l'état des lieux en Allemagne. Dans ce pays, il semble de plus en plus difficile pour les associations militantes de s'exprimer sur la problématique.

Stephen McGill, EHS globe-trotter norvégien, nous a fait part de ses expériences à travers l'Europe. Son constat est le suivant : même si certains états reconnaissent l'EHS comme handicap, aucun pays n'envisage de respecter la résolution 1815 du Conseil de l'Europe quant à la création d'espace exempt de rayonnement électromagnétique artificiel. Il nous a entre autres transmis une bibliographie conséquente en langue anglaise dont « Body electric » de Robert Becker (chercheur trois fois nominé au Nobel).


Bernadette Touloumond est venue témoigner de son passage à l'hôpital, où elle est restée quelques jours en observation. Avec sa famille elle a fait un travail de sensibilisation auprès de l'équipe médicale afin de faire accepter un baldaquin dans sa chambre d’hôpital. Au niveau des Cem, l'équipe médicale s'est efforcée de réduire l'exposition de Bernadette.

La question des soins reste polémique. Récurrente au cours de chaque atelier, les réponses sont nombreuses et variées tout autant que la souffrance engendrée par les rayonnements dans notre chair. Comment se soigner efficacement sans éviction ? Ou comment soigner une brûlure en restant dans les flammes ?
Chacun tente de trouver un remède à ses maux, partage son expérience, donne des tuyaux. Personne parmi nous n'ayant retrouvé une santé comparable à ce qu'il ou elle vivait avant la saturation de notre environnement par les rayonnements électromagnétiques artificiels, aucun remède efficace n'a été évoqué.

Médias
Audrey Garric, envoyée spéciale du journal « Le Monde » nous donne « son point de vue dans une pleine page de l'édition du samedi 31 août 2013. Quelques portraits détaillés de personnes EHS sont en supplément sur le site internet du journal.

Radio Bleue Drôme-Ardéche a consacré une matinée spéciale et plusieurs interventions dont celle du Pr Belpomme. Reportage rediffusé en partie sur France Info le dimanche 1 septembre.
Ces informations sont disponibles sur notre blog : http://uneterrepourlesehs.blogspot.fr.

Autres
Maël Dieudonné, doctorant en sociologie fait une thèse sur l'EHS.
Alexandre Pieroni, termine un web-documentaire sur l'EHS, débute un cycle d'étude à l'EHESS ayant pour sujet l'EHS.
Hamedine Kane, réalisateur ayant commencé un documentaire sur l'EHS lors de ce rassemblement.
Marc Khane, réalisateur du documentaire « Recherche zones blanches désespérément » nous informe que son documentaire sortira à l'automne.

Anne Cautain avait entrepris de nous rejoindre, malheureusement les rayonnements électromagnétiques présents sur le lieu ne lui ont pas permis de participer aux ateliers.

Les absents excusés et non-excusés :

Parmi les invités n'ayant pas répondu à notre invitation : Madame la Ministre de la Santé et Monsieur le Préfet de la Drôme.
L'ARTAC nous a envoyé un document d'information sur l'état de ses recherches avec la demande de diffuser l'adresse d'un nouveau site crée pour les professionnels de santé et les malades http://www.ehs-mcs.org.

Stéphane Sanchez, Président de l'association « Sans Ondes » et initiateur de l'ICE n'a pu nous rejoindre.

L'ANSES, 2 mois avant la sortie de son rapport 2013, a préférée décliner notre invitation.

Sophie Pelletier du collectif des « électrosensibles de France » n'était pas disponible.


La Coordination Nationale des Collectifs contre les antennes relais et EHS France n'ont pu envoyé de représentants. 


Important : En vue des rencontres à venir, il est demandé à chacun d'utiliser dès aujourd'hui une lessive biologique achetée en magasin bio (celles des supermarchés n'étant pas assez satisfaisantes chimiquement parlant). En effet, certains EHS-MCS (Chimicosensibles) ont souffert à cause de quelques personnes utilisant encore des lessives non-biologiques.


 Laure Birgy et Elisabeth Buil 

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Médiatisation de la rencontre :

- France Bleu Drôme-Ardèche

Interview Pr Belpomme :http://www.francebleu.fr/infos/ondes/tous-potentiellement-electro-hypersensibles-792394
Interview Philippe Tribaudeau (Président de l'association): 
www.next-up.org/France/Une_Terre_pour_les_EHS_2013.php

- Articles du Monde (31/08/2013)
Les électrosensibles à la recherche d'une terre vierge de toute onde

Rassemblement de personnes EHS à Boulc.




Rassemblement de personnes EHS à Boulc. | Audrey Garric/Le Monde

Boulc (Drôme), envoyée spéciale Il faut d'abord parvenir au site du rendez-vous, encaissé dans une vallée aussi belle que sauvage, nichée aux portes du Vercors, à une dizaine de kilomètres de Boulc (Drôme), 128 âmes. Ensuite,laisser son téléphone portable dans la voiture, éteint et la batterie ôtée. Les clefs du véhicule sont déposées dans un seau en fer. On a aussi été prévenue qu'il était préférable de ne pas se parfumer deux jours avant et de laver ses habits avec des lessives faiblement chimiques.

Sur un champ entouré de pins, près d'une ferme semi-enterrée, une cinquantaine d'hommes et de femmes se parlent, assis en cercle. Tous sont électrohypersensibles (EHS), c'est-à-dire qu'ils souffrent de diverses pathologies(maux de tête, réactions cutanées, insomnies, tachycardie, etc.) qu'ils attribuent aux champs électromagnétiques émis par les technologies modernes : portables, réseaux Wi-Fi, antennes-relais, etc. Si ces malades des ondes sont venus de la France entière à ce rassemblement organisé par l'association Une terre pour les EHS, du 26 au 28 août, c'est pour parler de leurs symptômes, trouver du réconfort, mais surtout voir leur maladie reconnue.


3 % DE LA POPULATION SELON LES ASSOCIATIONS
"Aujourd'hui, les réseaux de téléphonie mobilede Wi-Fi ou Wimax couvrent l'ensemble du territoire : il n'y a plus d'endroit dans lequel nous pouvons nous réfugier pour nous sentir bien", déplore Philippe Tribaudeau, président de l'association basée sur le site drômois, et lui-même "électro", comme il dit. Son collectif, à l'instar d'une quinzaine d'autres en France, demande la mise en place"urgente" de zones blanches, vierges d'ondes, une mesure recommandée par le Conseil de l'Europe en 2011.
Les EHS, qui représenteraient 3 % de la population selon les associations – un chiffre impossible à confirmer en l'absence d'évaluation nationale –, n'ont pas tous abandonné toute technologie. Au rassemblement se côtoient des profils très différents, vivant plus ou moins en marge de la société, selon leur degré d'intolérance aux ondes.







Anne Cautain, une très grande électrosensible, a vécu trois ans dans une grotte.

A un extrême, il y a Anne Cautain, 57 ans, une très grande électrohypersensible, qui se sent "brûler" à la moindre onde, et à des fréquences extrêmement basses (50 Hz) générées par le passage du courant électrique. "Depuis 2009, je suis un véritable radar : je sais qu'à tel endroit, il y a une antenne ou un transformateur. Je ressens le courant jusque dans mes terminaisons nerveuses", raconte-t-elle, les joues écarlates, les pieds nus et le poignet relié à un piquet en acier enfoncé dans la terre, pour se "décharger".
Le voyage depuis les Hautes-Alpes, où elle vit dans d'anciennes écuries éclairées à la bougie et chauffées au poêle, l'a épuisée. Elle l'a passé enveloppée de couvertures dans un camion transformé en cage de Faraday (une enceinte métallique étanche aux champs électromagnétiques), conduit par sa fille, dont elle dépend totalement. Elle restera très peu sur le site, où quelques ondes parviennent malgré l'isolement.
UNE MALADIE "TRÈS PÉNALISANTE DANS LA VIE PROFESSIONNELLE"
Au contraire, Oscar, 47 ans, profite de la Drôme pour se ressourcer. Cet ancien commercial dans de grandes banques, intolérant au Wi-Fi depuis 2010, continue de vivre et travailler à Paris, comme formateur pour des établissements bancaires et professeur en école de commerce. "Les journées m'épuisent, entre les brûlures à l'intérieur du corps, les picotements et les maux de tête. Et j'ai du mal à récupérer la nuit", témoigne-t-il, préférant rester anonyme face à une maladie "très pénalisante dans la vie professionnelle""Avant, je travaillais à New York, Chicago, Londres. J'ai dû lever le pied pour me soigner."
Comme lui, tous les EHS ont vu leur vie profondément modifiée : Isabelle, podologue à la retraite de 52 ans, qui dort souvent dans sa cave pour fuirl'antenne-relais qui jouxte sa maison ; Mailys, étudiante en master de 21 ans, qui porte casquettes et écharpes anti-ondes la nuit et consulte un sophrologue ; ou M. Tribaudeau, 52 ans, également multichimicosensible (intolérant aux odeurs de lessive, parfum ou à la pollution), qui a perdu son poste de professeur de technologie, son logement puis sa femme.






Rassemblement de personnes EHS à Boulc (Drôme), du 26 au 28 août.

Si leur souffrance est manifeste – une partie d'entre eux a obtenu un certificat d'invalidité – aucun lien de causalité n'a pour l'instant été établi entre les ondes électromagnétiques et leur maladie. Des symptômes que nombre de médecins, démunis, attribuent encore régulièrement à des troubles psychiatriques ou psychosomatiques. La controverse est loin d'être tranchée chez les scientifiques et divise la classe politique.
En janvier, la proposition de loi de la députée EELV Laurence Abeille, qui avançait des mesures pour réduire l'usage du Wi-Fi et appliquer le principe de précaution, a été "enterrée", renvoyée en commission. Deux autres textes sont toujours au stade de la commission des affaires économiques : l'un, déposé par l'UMP en février, demande l'abaissement du seuil maximal d'exposition aux ondes des antennes-relais à 0,6 volt/mètre (V/m) (un plafond aujourd'hui situé entre 41 et 61 V/m selon les fréquences) et l'autre, porté par le PS en avril, visant à réguler l'installation des antennes.
"Nous n'avons pas les moyens de faire fléchir les opérateurs de téléphonie. Il faut donc une volonté du gouvernement", assure l'attachée parlementaire de Michèle Rivasi, Justine Arnaud, venue à Boulc représenter la députée européenne EELV qui se bat depuis longtemps pour la reconnaissance des EHS.
"On ne va pas attendre dix ans. La zone blanche, on la prendra s'il le faut", prévient M. Tribaudeau, sous le regard approbateur de l'assistance. L'homme a déjà occupé avec son camping-car la forêt de Saoû dans la Drôme, entre juin et octobre 2010, avant d'être expulsé par les autorités. "L'électrosensibilité, c'est une vie d'errance, d'isolement, de précarité, constate-t-il. Il faut essayer de le vivre au mieux ; nous sommes des exclus."

 Audrey Garric 

Journaliste au Monde
                                                               
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/30/les-electrohypersensibles-a-la-recherche-d-une-terre-vierge-de-toute-onde_3468950_3244.html





Electrohypersensibles : une souffrance mal comprise et peu prise en charge

Les ondes émises par les antennes-relais, téléphones portables et autres réseaux Wi-Fi ont-elles un impact sur la santé ? Si cette question controversée génère une littérature scientifique foisonnante, elle n'a toujours pas été tranchée, laissant les personnes électrohypersensibles (EHS) démunies.

Le débat a été relancé, lundi 26 août, par un rapport remis au gouvernement calculant que l'abaissement de la puissance des antennes-relais passe par un triplement de leur nombre pour conserver la même qualité de téléphonie mobile. Ces simulations ont comme objectif une réduction de l'exposition aux ondes sous le seuil de 0,6 volt par mètre (contre 41 à 61 V/m actuellement), défendu par les associations comme un "seuil de protection" sanitaire.
Mais ce plafond est critiqué par les opérateurs de téléphonie mobile, qui s'appuient sur l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) : dans un rapport de 2009, l'agence estimait qu'en l'état des recherches, les ondes n'entraînaient pas d'effets sanitaires et jugeait infondée la valeur limite de 0,6 V/m. L'Anses doit actualiser cet avis d'ici la fin de l'année.
Car depuis, en 2011, l'Organisation mondiale de la santé a classé les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes. Et pour la première fois, en avril, une étude française sur de jeunes rats a conclu à une perturbation du sommeil, de la régulation thermique et de la prise alimentaire entraînée par les radiofréquences.
Chez l'homme, ce lien de causalité n'a jamais été établi. Et la toute première étude clinique nationale, pilotée par l'hôpital Cochin à Paris depuis février 2012 à la demande du ministère de la santé, ne pourra pas se prononcer là-dessus. "Il s'agit de voir comment prendre en charge les personnes EHS et non de définir quelles sont les causes biologiques de leurs troubles", explique le professeur Dominique Choudat, dont le service mène le projet. Les associations boycottent l'étude, fustigeant une approche purement psychologique du phénomène.
"MIGRAINEUX"
Les EHS qui recherchent la cause de leurs maux n'ont que deux recours : aller à l'étranger, notamment en Suède qui reconnaît l'électrosensibilité comme un handicap, ou se tourner vers l'une des deux consultations médicales spécialisées, en France. A Paris, le professeur de cancérologie Dominique Belpomme a déjà examiné 600 patients en quatre ans. "A l'aide de tests, dont un écho-Doppler cérébral, nous avons notamment découvert que tous les EHS présentent un manque d'oxygène dans le cerveau, assure-t-il. Nous proposons un traitement, qui marche dans 15 % des cas."
Ces résultats, qui n'ont jamais fait l'objet de publication scientifique, sont rejetés dans le monde médical. "On pourrait observer la même chose chez d'autres patients non-EHS", assure Laurent Chevallier, médecin nutritionniste et coordinateur de l'autre consultation ouverte dans une clinique de Montpellier en 2012. Depuis, l'équipe multidisciplinaire (avec un neurologue, un pneumologue, etc.) a examiné une centaine de patients, sans pour l'instant tirer de conclusion quant à l'origine de leurs troubles. "On a observé que la majorité étaient migraineux. Ce terrain pourrait expliquer des souffrances cérébrales plus importantes en présence de certaines ondes, livre-t-il. Ce qui est sûr, c'est que l'on n'est pas dans la psychiatrie."
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/30/personnes-electrohypersensibles-ne-souffrance-mal-comprise-et-peu-prise-en-charge_3468951_3244.html


Ces malades des ondes électromagnétiques, qui "survivent"







Rassemblement de personnes EHS à Boulc.
Rassemblement de personnes EHS à Boulc. | Audrey Garric/Le Monde

Ils souffrent de maux de tête, brûlures, insomnies ou encore de tachycardie, des symptômes qu'ils attribuent aux ondes des téléphones portables, réseaux Wi-Fi ou antennes-relais. Ces personnes dites électrohypersensibles (EHS), une maladie non reconnue en France, ont développé une intolérance plus ou moins sévère aux champs électromagnétiques. Au point de devoir multiplier les consultations médicales, aménager leur logementporter des protections et parfois fuir toute civilisation.

Les 26, 27 et 28 août, ils se sont réunis dans la vallée isolée de Boulc (Drôme) pour demander la mise en place "urgente" de zones blanches, sans aucune radiofréquence. Portraits de ces malades des ondes.
  • Anne Cautain, installée dans les écuries d'une maison forestière






Anne Cautain, une très grande électrosensible, a vécu trois ans dans une grotte.

Elle se sent "brûler" à la moindre onde, qu'il s'agisse du Wi-Fi, des téléphones mobiles, des appareils électroménagers, mais aussi des fréquences extrêmement basses (50 Hz) générées par le passage du courant dans les câbles électriques. Anne Cautain, 57 ans, est une très grande électrohypersensible."Depuis 2009, je suis un véritable radar : je sais qu'à tel endroit, il y a une antenne ou un transformateur. Je ressens le courant jusque dans mes terminaisons nerveuses", raconte-t-elle, les joues écarlates, les pieds nus et le poignet relié à un piquet en acier enfoncé dans la terre, pour se "décharger".
Le voyage pour rejoindre Boulc, depuis les Hautes-Alpes, où elle vit dans les anciennes écuries d'une maison forestière éclairées à la bougie et chauffées au poêle, l'a épuisée. Elle l'a passé enveloppée de couvertures dans un camion transformé en cage de Faraday (une enceinte métallique étanche aux champs électromagnétiques), conduit par sa fille, dont elle dépend totalement. Finalement, elle restera très peu sur le site, où quelques ondes lui parviennent, malgré l'isolement.
Anne Cautain n'a pas toujours été intolérante aux radiofréquences. Ses symptômes sont survenus six mois après l'installation de bornes Wi-Fi à la cité universitaire de Nice, où elle travaillait comme femme de ménage. "J'ai commencé à ressentir d'intenses souffrances neurologiques, des vertiges, des pertes de mémoire et mon sommeil était fractionné, décrit-elle. Puis, je n'ai plus supporté mon appartement, situé près d'antennes-relais." Elle le quitte du jour au lendemain. S'ensuit une année d'errance à fuir les ondes, passée entre une yourte au fond d'une vallée, une cave de restaurant, une voiture blindée sur un parking, une caravane et une cabane à jardin tôlée. "Ma souffrance n'était plus qu'une longue dégringolade. Je ne savais plus où me mettre, je voulais aller sous terre", dit-elle encore, une tristesse dans la voix.
C'est à ce moment qu'elle entend parler d'une grotte, à Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes-Alpes), dans laquelle elle vivra trois ans, avec deux autres femmes également "électro". Les habitants du hameau, solidaires, aménagent la cavité (avec du plancher pour poser des lits et des bâches contre la pluie), d'autres leur apportent des paniers de fruits et légumes et de l'eau, et un voisin leur prête sa douche. Malgré tout, la vie est rude : la température dépasse rarement les 10 °C, la lumière est faible et Anne Cautain perd 14 kilos. Les trois femmes finiront parquitter leur refuge lors de l'installation de la 3G dans le village, qu'elles disent avoir"sentie" avant d'en être informées.
"Je sais que je passe pour une folle et une marginale, confie-t-elle, lucide. Mais même si c'est extrêmement dur à vivre, je n'ai pas le choix. Je ne regarde pas le passé, ni ce que je perd dans la vie : je survis." Touchant une pension d'invalidité de la Sécurité sociale, elle dit "espérer pouvoir un jour guérir et retrouver une vie presque normale, indépendante, dans une zone blanche".
  • Oscar, ancien trader qui vit et travaille à Paris






Oscar continue de vivre et travailler à Paris pour des banques.

Il est à l'opposé de la caricature de l'électrosensible marginal et dérangé. Oscar, 47 ans, ancien sales trader (négociateur-vendeur) dans de grandes banques internationales, intolérant au Wi-Fi depuis 2010 – mais sensible aux champs électromagnétiques depuis des années –, continue de vivre et travailler à Paris, comme professeur en écoles de commerce et formateur indépendant pour des établissements bancaires. Des lieux où les ondes foisonnent.
"Les journées m'épuisent, entre les brûlures à l'intérieur du corps, les picotements et les maux de tête. Et j'ai du mal à récupérer la nuit", témoigne-t-il. Parfois, il doitlever le pied. "Je devais partir à New York en juillet, pour donner une formation très bien payée. Mais j'étais à bout. J'ai dû annuler au dernier moment", regrette-t-il, pointant une maladie "très pénalisante dans la vie professionnelle""Avant je travaillais à New York, Chicago et Londres. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Je passe un tiers de mon temps à essayer de me soigner et aller mieux. Cela a changé ma vie."
Depuis l'apparition de ses symptômes, Oscar a déménagé trois fois, pour finalement s'installer près du bois de Vincennes, cet été. Chez lui, aucun Wi-Fi (il a aussi demandé à ses voisins d'éteindre le leur la nuit), un téléphone filaire, un réveil à piles, et des rideaux de blindage. Il enchaîne les rendez-vous chez les médecins et court fréquemment dans les bois. "Au final, je n'ai pas de vie de couple, pas d'enfant, et une vie sociale très perturbée. L'électrosensibilité, ça isole."
  • Isabelle, obligée de dormir dans sa cave






Rassemblement de personnes EHS à Boulc (Drôme), du 26 au 28 août.

Elle porte une casquette enveloppée d'un maillage de fils de cuivre et d'argent."Cela atténue les maux de tête, les fourmis que je ressens dans une moitié de mon crâne et les troubles du langage", explique-t-elle. En 2008, Isabelle, 52 ans, podologue– qui préfère rester anonyme – est reçue en urgence par un neurologue pour ces symptômes. Après une batterie de tests, le médecin conclut qu'elle est en parfaite santé.
"J'ai ensuite compris que mes maux étaient entraînés par les antennes-relais installées au sommet d'un château d'eau à 130 mètres de chez moi, assure-t-elle.A chaque fois que je quittais mon domicile, je me sentais mieux, et quand je revenais, cela empirait de nouveau."
Isabelle ne pourra pas déménager, son mari refusant de quitter la maison famiale iséroise. Elle fabrique alors un lit à baldaquin fonctionnant comme une cage de Faraday, qu'elle installe dans sa cave. Et dès qu'elle peut, elle fuit son domicile, comme entre 2011 et 2013, où elle se réfugie en Dordogne. "Ma vie s'est retrouvée bouleversée, témoigne Isabelle, aujourd'hui à la retraite. Quand j'arrive à ne pas être trop exposée, je me sens mieux."
  • Philippe, qui a quitté son travail, son logement et sa femme






Philippe Tribaudeau, président de l'association Une terre pour les EHS.

C'est en 2007 que tout bascule pour Philippe Tribaudeau. Professeur de technologie, il travaille presque tout le temps derrière un écran, en présence de vingt-quatre autres ordinateurs dans la salle. La chambre de son appartement de fonction se situe en outre à 15 mètres du transformateur de son lycée, près de Dijon. "En trois mois, je n'ai plus supporté les ondes. Je ressentais des brûlures sur la peau, des picotements partout et une énorme fatigue, raconte-t-il. J'ai réussi à finir l'année mais je n'ai pas pu faire la rentrée suivante." L'ancien enseignant enchaîne alors un an d'arrêt de travail, puis trois années de mise en disponibilité sans solde.
"J'ai vécu un an en camping-car en pleine forêt, parfois entouré d'un mètre deneige. Ma femme, qui m'a soutenu pendant quatre ans, me ravitaillait toutes les six semaines." Il occupe illégalement la forêt de Saoû dans la Drôme, entre juin et octobre 2010, avant d'être expulsé par les autorités. "Nous avons besoin d'une zone blanche pour nous réfugier. L'électrosensibilité, c'est une vie d'errance, d'isolement, de précarité, constate-t-il. Il faut essayer de le vivre au mieux, maispartir de chez soi, prendre la route et aller nulle part, c'est une forte pression psychologique."
Lui dit avoir bien vécu ce "saut dans le vide". "J'étais bien préparé à vivre dehors : je suis sportif et j'aime la montagne. L'isolement ne me pèse pas, livre l'homme au visage buriné par ces mois de vie au grand air. J'ai reconstruit une nouvelle vie."
Ce nouveau départ, Philippe Tribaudeau, qui touche aujourd'hui une retraite pour invalidité, l'a pris dans la vallée isolée de Boulc, dans une ferme semi-enterrée qu'il a dénichée il y a un an. Il y a installé son association, Une terre pour les EHS, et y accueille régulièrement des électrosensibles de passage. "Tout est toujours disjoncté chez moi, explique-t-il. J'utilise mon ordinateur de temps en temps, un quart d'heure maximum, en travaillant à trois mètres de l'écran grâce à des câbles très longs." L'homme, également devenu multichimicosensible (intolérant aux odeurs de lessive, parfum ou à la pollution), doit aussi aérer seulement en cas de brise ascendante. Et de conclure : "Je vis dans un bocal."
  • Maïlys, étudiante en master de toxicologie






Maïlys est électrohypersensible depuis ses 14 ans.


"Quand j'avais 14 ans, j'ai eu une crise d'angoisse en regardant un film, puis des vertiges et un gros coup de fatigue. Cela a duré des mois", raconte Maïlys, une jolie blondinette qui arbore une polaire bleue, assortie à ses yeux. Sa mère, kinésithérapeute et elle-même électrohypersensible, associe ces symptômes à l'installation d'une antenne-relais dans leur quartier de Romans (Drôme).
"On a revu le système électrique de la maison, éloigné le lit du mur, enlevé tout ce qui émet des fréquences dans la chambre et je me protège avec des tissus, des casquettes et des écharpes anti-ondes, raconte la jeune fille. J'ai quand même un téléphone portable, mais je ne l'allume très peu."
Depuis, Maïlys, aujourd'hui âgée de 21 ans, a réussi à évacuer une partie de ses douleurs grâce à l'aide d'un sophrologue. Elle a pu poursuivre des études de santé environnementale et va entrer en master 2 de toxicologie à Paris. "J'ai envie devivre ma vie avec des jeunes de mon âge, de cesser d'être en retrait. Je vais même chercher un appartement en colocation. Mais j'appréhende un peu l'arrivée dans une si grande ville", avoue-t-elle. Si ses proches acceptent de couper le Wi-Fi en sa présence, ils restent sceptiques sur l'origine de ses maux. "Pour ma famille, notamment mes oncles et tantes, c'est un sujet tabou. Ils pensent que c'est dans ma tête. Je leur fais peur."





















Reportage de Next-up Organisation :
http://www.next-up.org/France/Une_Terre_pour_les_EHS_2013.php